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Le blog de Michel Abhervé sur Alternatives Economiques
Jean-Pierre Balligand ne se représente pas après 31 ans de Palais Bourbon
Comme nous l’avions fait pour Etienne Pinte et Chistiane Taubira (peut-être un peu trop tôt pour cette dernière dont la décision demeure en suspens) (voir Hommage à Etienne Pinte et Christiane Taubira), nous tenons à rendre hommage à Jean-Pierre Balligand, Député PS de l’Aisne, qui a décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections législatives
A 62 ans il prend sa retraite de député, mandat qu’il a exercé de façon plus active que nombre de ceux qui vont postuler à nouveau, alors que beaucoup, nettement plus âgés que lui se représentent, ou veulent, comme Claude Guéant, commencer une carrière parlementaire. Il est vrai qu’il est de cette génération des élus de 1981, et qu’il aura donc trente et un ans de mandat au Palais Bourbon, ce qui est un bail respectable. Jean-Louis Bricout, son ancien assistant parlementaire, et Maire de Bohain en Vermandois tentera de lui succéder au mois de juin prochain.
Toujours réeélu dans sa circonscription de Thiérarche, qui est un fief de gauche, mais aussi une région en difficulté avec la désindustrialisation, où il succéda à Maurice Brugnon, qui était deputé depuis 1967, Jean-Pierre Balligand est un décentralisateur convaincu et un militant du développement territorial. Nul doute que si elle vient au pouvoir la gauche saura utiliser dans d’autres fonctions ses convictions et son expérience, et ne laissera pas très longtemps dans son seul mandat de Maire de Vervins
Nous citerons pour conclure ce bref salut la conclusion de sa présentation sur son blog “Enfin, ma conviction que l’association capital-travail doit être développée m’a notamment amené, en 2000, à rédiger avec Jean-Baptiste de Foucauld un rapport au Premier ministre, “L’épargne salariale au coeur du contrat social“. C’est aussi cette conviction qui me rend particulièrement fier d’avoir réhabilité l’action de Jean-Baptiste-André Godin, l’homme qui a incarné cette association et l’élévation ouvrière, au travers de la création du Musée du Familistère de Guise“
Et à l’occasion, nous ne pouvons qu’inciter nos lecteurs qui ne le connaitraent pas d’aller visiter le Familistère à Guise, que l’action de Jean-Pierre Ballignad a permis de rénover de façon tout à fait remarquable (voir 1 Mai au Familistère, à Guise, Le Conseil Général de l’Aisne situe son action dans la filiation de Jean-Baptiste Godin et Journée du Patrimoine à Guise). C’est une belle sortie pour un week-end de printemps
Le blog de Michel Abhervé sur Alternatives Economiques
Ma question orale d’aujourd’hui pour les agents des collectivités
JP Balligand Assemblée nationale Question orale...
Rue 89 reprend ma formule et titre: « La TVA sociale, c’est la vérité si je mens 3! »
Dans sa rubrique la question qui tue, comment appelez vous la TVA sociale? Rue 89 reprend ma formule et tire "la TVA sociale, c'est la vérité si je mens". Ci dessous l'article.
Les questions sémantiques révèlent souvent des problèmes de fond. Ce mardi 31 janvier, nous sommes allés promener notre caméra dans la salle des Quatre Colonnes de l'Assemblée nationale, pour savoir comment il faudrait désormais baptiser la hausse de TVA annoncée dimanche par Nicolas Sarkozy en compensation de baisses des charges pour les entreprises.
Car, voici la consigne, qu'il a rappelée aux parlementaires de la majorité ce mardi matin : « Ce mot n'a aucun sens, vous ne m'avez jamais entendu le prononcer », déclarait le président de la République au sujet de sa nouvelle mesure « antidélocalisations ». Un mot qu'il avait pourtant martelé en 2007.
Les députés de droite ont bien écouté le Président : tous expliquent que « le nom officiel, c'est “antidélocalisations” », même si, concède le député de Paris Bernard Debré, la TVA sociale, c'est « le nom usuel ».
Salle des Quatre Colonnes, Assemblée nationale, 31 janvier 2012
Et à gauche, on lui trouve des noms d'oiseaux :
- « C'est “La Vérité si je mens 3” », lance Jean-Pierre Balligand.
- « On a inventé la lune-bis », dit Henri Emmanuelli.
- « Appelons-la “TVA troisième plan de rigueur” », prône Jean-Marie Le Guen.
- « C'est une TVA patronale », juge Marylise Lebranchu.
- « Acpa : atteinte caractérisée au pouvoir d'achat », selon Patrick Bloche.
Tout porte à croire, comme le dit l'UMP Jean-Paul Garraud que la droite « changera très certainement de nom et la gauche voudra très certainement garder le même nom ».
C'est l'UMP Jérôme Chartier qui le dit : cette expression « est un raccourci journalistique », car « au fond on ne fait pas du social avec la TVA ».
L’Union titre : Législatives 2012. Balligand ne sera pas candidat
Jean-Pierre Balligand a annoncé hier soir qu'il ne serait pas candidat aux législatives de 2012. Un retrait qui laisse la porte ouverte à plusieurs hypothèses.
«J'ai décidé de ne pas être candidat aux prochaines législatives. » Jean-Pierre Balligand a annoncé, hier soir, à Laon, en marge d'une cérémonie économique organisée par la Société d'équipement du département de l'Aisne (SEDA) qu'il préside, son intention de tourner la page et de « passer le relais » à l'issue de son septième mandat. Une démarche qui se réfère au discours d'Arnaud Montebourg. « Je ne suis pas un de ses partisans mais je ne suis pas en désaccord avec lui sur la limitation des mandats », et surtout à la mémoire de Maurice Brugnon, son prédécesseur à la députation et son mentor en politique, qui l'avait intronisé comme successeur « alors que lui-même n'avait jamais connu la majorité. »
Le bon moment
Elu depuis 1981, Jean-Pierre Balligand choisit donc, à 61 ans, car « plus que l'âge, c'est le nombre de mandats qui compte », de réorienter sa vie. Dans une lettre qui arrivera ses prochains jours dans les boites aux lettres de Thiérache, il explique pourquoi il estime que c'est le bon moment de passer le témoin. En substance, il considère que la gauche a toutes les chances de gagner la prochaine présidentielle, mais que la situation économique et financière imposera des exigences de gestion très strictes et que par conséquent, il sera plus facile de proposer un nouveau candidat de gauche en 2012 qu'en 2017. Autre indice de l'ancrage actuel de la Thiérache, huit des neuf conseillers généraux de la troisième circonscription sont de gauche. La plupart aurait fait le siège de Jean-Pierre Balligand pour exercer cette fameuse « pression de mes amis » qui fonctionne si souvent mais, une fois n'est pas coutume, pas toujours : « Pour être franc, ma décision était prise depuis un certain temps déjà. » Jean-Pierre Balligand a visiblement un projet en tête, un rêve à accomplir, « c'est mon problème et je n'en parlerai pas avant que cela soit fait. » De quoi quitter le palais Bourbon mais pas la vie politique : « Je reste maire et conseiller général de Vervins, je suis président délégué de l'association des petites villes de France, je continuerai à monter des dossiers d'installations d'entreprises dans le département, je co-préside l'institut de la décentralisation et je compte me consacrer aux collectivités locales dont c'est la panade programmée. J'ai de quoi m'amuser. »
« Une éthique sans faille »
Ce n'est pas parce qu'on annonce que l'on va quitter l'Assemblée Nationale qu'on ne fait plus de politique. C'est peut-être même, l'expérience aidant, le meilleur moment pour en faire. Donc, qu'on se le dise, Jean-Pierre Balligand tire sa révérence sans s'être préoccupé de la suite. « Je ne suis pas un seigneur qui désigne son successeur. Le parti socialiste fera ce qu'il voudra, on est en république. » Dans la foulée, tous les conseillers généraux de la circonscription sont « des hommes remarquables » à commencer par son assistant parlementaire Jean-Luc Bricout, le maire de Bohain, « qui rayonne, qui a réussi à redresser sa commune et qui est aussi conseiller régional » et, cerise sur le gâteau qui fera bien rire tout le microcosme politique axonais, seuls les journalistes auraient entendu ses propos peu amènes sur l'hypothèse d'un Jean-Jacques Thomas, maire d'Hirson et premier fédéral PS, candidat à la députation. Seule indication du député sortant sur le profil de son successeur, cette remarque figurant aussi dans le courrier à ses électeurs : « Il faut être vigilant et scrupuleux s'agissant des finances. Je me suis imposé et j'ai imposé à mes collaborateurs une rigueur et une éthique sans faille. »
Succession : quelles solutions ?
Alors, maintenant que « l'envie de faire autre chose » a mis fin à un parcours parlementaire sans fausse note le menant à la vice-présidence de l'Assemblée Nationale, quelles solutions s'offrent au PS pour trouver un successeur à Jean-Pierre Balligand ? « Si les statuts du parti étaient appliqués, la circonscription serait forcément féminisée », rappelle le député sortant. Cette solution offre l'avantage pour le PS de pouvoir déféminiser la quatrième afin de permettre la candidature de Patrick Day, le maire de Soissons.
En revanche, elle contrarie les plans de Jean-Jacques Thomas, par ailleurs membre du bureau national, qui aurait négocié que la circonscription, malgré la règle de féminisation, lui soit réservée si Jean-Pierre Balligand renonçait. Reste qu'une circonscription comme celle que laisse Jean-Pierre Balligand doit faire loucher plus d'un apparatchik à la recherche d'un parachutage sans danger. Un Christophe Borgel, secrétaire national PS aux élections qui n'est plus en odeur de sainteté dans la première circonscription de la Somme (où l'on parle de Jack Lang mais qui verrait Jack Lang en Thiérache ?), pourrait, par exemple, être tenté de faire quelques kilomètres de plus. C'est le genre de parachuté qui a les moyens d'offrir des compensations dignes de ce nom à un Jean-Jacques Thomas qui n'a peut-être pas envie de passer à côté de la chance de sa vie.
Chers Amis, Chers Camarades
Après avoir longuement réfléchi, malgré votre amicale pression, j’ai pris la décision de ne pas solliciter un nouveau mandat en juin 2012. Député, pendant ces trente dernières années, je me suis efforcé d’être digne de la confiance que vous m’avez témoignée scrutin après scrutin. J’ai saisi toutes les opportunités pour sauvegarder et développer nos emplois et j’ai mobilisé mes réseaux afin que notre circonscription bénéficie des financements officiels conséquents pour mener à bien nos projets locaux.
Toujours vigilant et scrupuleux, s’agissant des finances publiques, de l’Etat, des collectivités ou d’organismes nationaux, comme la Caisse des Dépôts et Consignations (que j’ai présidée pendant cinq ans), mais aussi d’organismes locaux, je me suis imposé et j’ai imposé à mes collaborateurs une rigueur et une éthique, sans faille. Tout autre comportement est faire injure à nos concitoyens !
Pourquoi cette décision difficile, alors que je suis plus que jamais attaché à l’action publique et fermement convaincu de la nécessité du débat politique ? Je me dois – je vous dois – d’assurer à la fois le renouvellement et la continuité dans notre circonscription, comme l’avait fait avec sagesse et générosité Maurice Brugnon.
Notre troisième circonscription de l’Aisne est désormais solidement ancrée à gauche … au fil des années, nous avons gagné sur la Droite. Nous avons conquis neuf des onze cantons alors qu’en 1981, nous n’en détenions que deux (Maurice Brugnon et moi-même). Nos conseillers généraux sont des élus actifs, comme l’est aussi notre conseiller régional, Maire de BOHAIN, qui depuis plusieurs années est un de mes assistants parlementaires. De plus, nos élus municipaux & intercommunaux, femmes et hommes de gauche y sont unanimement reconnus pour leur engagement au service de la population. Cette méthode, cette manière d’aborder les questions, cette façon de travailler, nous les avons forgées ensemble, avec bon nombre d’entre vous, en confiance et dans le respect mutuel ! Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour que nous ayons ensemble l’audace de choisir le renouveau, la rigueur et la sincérité. C’est pourquoi, à gauche, nous devons faire l’effort de promouvoir la jeunesse, qu’elle soit issue de la société civile ou du monde des élus territoriaux. Je sais pouvoir compter sur votre sens des responsabilités. Maire de Vervins et Conseiller Général, je ne déserte pas, je n’ai pas l’intention de tourner la page ni aujourd’hui, ni demain …
Demain comme hier, je mettrai toute mon énergie pour monter des dossiers économiques d’envergure comme Wicona sur le plateau de Soissons ou Le Creuset à Fresnoy le Grand. Commissaire aux finances depuis 30 ans à l’Assemblée Nationale, je bénéficie de la reconnaissance du monde économique et bancaire. A l’heure où l’Etat se désengage de plus en plus, mon implication et mon expertise me permettront d’être force de propositions, s’agissant notamment de la capacité d’investissement des collectivités et des moyens d’assurer les services publics, préoccupation majeure dans nos communes.
Vous l’aurez compris, mes amis, mes camarades, bien que cette décision me coûte, j’ai le souci et la volonté d’assurer le renouveau dans notre circonscription et j’entends aussi poursuivre mon engagement au service de tous!
Fidèlement.
Vervins le 13 décembre 2011
Jean-Pierre BALLIGAND
Mon amendement sur la péréquation en faveur des petites villes a été adopté
J'ai plaidé à l’Assemblée nationale pour une vraie péréquation intercommunale fondée sur les principes d’équité et de justice. J'ai défendu au travers de neuf amendements, les petites et moyennes villes contre la stratification démographique mise en place par le gouvernement. Cette stratification aboutit en effet à faire contribuer les petites et moyennes villes dont le potentiel financier moyen par habitant est le plus faible de France.
Je connais bien le dossier, puisque j'étais, comme vous le savez, co-rapporteur de la Commission des finances de l’Assemblée nationale sur la péréquation intercommunale. J'ai montré chiffres et exemples à l’appui le caractère contre-péréquateur de la réforme.
Après débat âpre et animé, j'ai finalement obtenu que soit reconnue une strate appropriée de 2500 à 10000 habitants. Ce nouveau dispositif présente l’avantage de tenir compte des charges de centralité que ces communes doivent assumer pour l’ensemble du monde rural en augmentant le potentiel financier agrégé de référence auquel elles seront comparées. Bien entendu il aurait été préférable qu’un vrai système péréquateur soit mis en place.