Aller au contenu

Parce qu’elle est notamment chargé de protéger de faire fructifier l’épargne que les Français lui confient, la Caisse des dépôts et consignations est placée, depuis sa création en 1816, « sous la surveillance et la garantie » du Parlement.
Celui-ci contrôle ainsi l’activité de la Caisse des dépôts à travers une Commission de surveillance, qui comprend aujourd’hui 13 membres, dont 3 députés (2 de la majorité et 1 de l’opposition) et 2 sénateurs.
Après avoir présidé cette Commission de 1997 à 2002, depuis cette date, j’en suis membre au titre de l’opposition. Je suis en effet particulièrement attaché à cet établissement qui n’est pas seulement unique par sa gouvernance, mais aussi par son activité. Sa capacité, jamais démentie depuis 1816, à protéger et faire fructifier l’épargne des Français a en effet permis à la Caisse d’être toujours en mesure d’assumer les nouvelles missions qui lui étaient confiées.
Ainsi, sa gestion de l’épargne réglementée (Livret A, LDD, LEP…) et des fonds confiés par les professions juridiques lui a donné une capacité inégalée en France à s’engager financièrement sur le long terme. Pouvoir disposer de financements de long terme est en effet une nécessité pour tout pays souhaitant se développer. Le logement social, les infrastructures, notamment de transport, ne sont que quelques exemples des nombreux domaines dont l’équilibre requiert la présence d’investissements de long terme.La Caisse des dépôts constitue ainsi un groupe innovant au service de l’intérêt général, qui contribue en outre chaque année à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros au budget de l’Etat. Voilà les raisons pour lesquelles je me suis toujours appliqué à défendre cette institution de la République qui, à la croisée des secteurs public et privé, se trouve au cœur de l’économie mixte.

Vous retrouverez ici mes dernières interventions concernant la Caisse des dépôts.

Caisse des dépôts sous-catégories : Assemblée nationale, Caisse des dépôts, Commission des Finances, Décentralisation, DEXIA, En séance, Familistère, Groupe Socialiste, Idées, Innovation, Institut de la Décentralisation, international, Internet, La thiérache, Parti Socialiste, Péréquation, Petites et moyennes villes, presse, séparation de l'Eglise et de l'Etat, Socialiste, Sur le terrain, Territoires et développement, Uncategorized et Vervins

Je suis intervenu Mardi en séance ordinaire sur l’affaire DEXIA

Voici le texte de mon intervention:

Monsieur le ministre, monsieur le président de la commission, monsieur le rapporteur général, mes chers collègues, je me félicite tout d’abord de l’accord auquel est parvenue la Commission Mixte Paritaire. Je le répète ici : cet accord ne consiste pas tant à régler les questions du passé qu’à ouvrir la voie à une transition et à mettre en place un joint venture entre la Caisse des dépôts, à hauteur de 35 %, et la Banque postale, à hauteur de 65 %, dans un nouvel établissement. Comme je l’ai dit dès le premier jour, la vertu de la crise, c’est qu’avec la faillite du système bancaire, en l’occurrence du prêt aux collectivités, on assiste au retour de la banque publique.

J’ai rappelé certaines dates funestes. En 1987, M. Balladur étant ministre de l’économie et des finances, c’est la fin de la Caisse d’aide à l’équipement des collectivités locales. En 1996, encore sous M. Balladur, cette fois Premier ministre, c’est la création du nouvel établissement. J’ai rappelé aussi que les responsabilités dans les dérives du système étaient collectives. Ce texte est une manière de revenir au système originel.

Le deuxième point sur lequel je souhaite insister, c’est que toutes nos inquiétudes ne sont pas dissipées après la CMP.

Pour ma part, je suis en désaccord avec Charles-Amédée de Courson sur la question de la deuxième garantie, pas celle sur les plus de 90 milliards, dont 35 % seront pris en charge, mais la garantie prévue au II de l’article 4, accordée pour un encours d’actifs de 10 milliards. Je rappelle qu’il s’agit de prêts réputés peu sûrs et que la contre-garantie de l’État est apportée jusqu’à 70 %, avec une franchise de 500 millions. Quand M. de Courson demande que les collectivités soient sanctionnées, il oublie que le système mis en place n’est pas, pour le moins, un appel à ne pas payer. En tant que représentant de l’Assemblée à la Caisse des dépôts avec Michel Bouvard et Arlette Grosskost, je suis bien placé pour souligner que nous devons être protecteurs de ses intérêts patrimoniaux.

Nous avons demandé à M. le ministre de s’assurer, et cela vaudra pour ses successeurs, qu’au plus tard en 2020, on regardera ce qu’il convient de faire pour ne pas mettre en péril cet établissement public. Je n’ai pas la mémoire courte, et je me souviens que M. Balladur et un grand nombre de libéraux ici encore représentés avaient voulu le privatiser.

Je rappelle que la Caisse des dépôts a des vertus ; elle l’a montré en 2008 quand l’État a fait des avances aux banques, avances qui ont été remboursées, et elle le montre à nouveau aujourd’hui. Le discours du tout libéralisme échevelé a un peu disparu parce que nous sommes passés à une autre époque.

Je voudrais finir, monsieur le ministre, mes chers collègues, en appelant votre attention sur deux points.

Premièrement, je le dis avec solennité parce que nous devrons faire attention à cela dans la période à venir : les banques ont prêté aux collectivités pendant longtemps à des taux beaucoup trop bas, parce qu’elles voulaient des parts de marché et les garder. J’ai prévenu Christian Eckert que je modérerai ce qu’il a dit à ce sujet, mais j’ai beau être président de l’institut de la décentralisation avec Michel Piron, je me dois de dire la vérité. Cette compétition interbancaire a d’ailleurs amené les banquiers à inventer de nouveaux produits assez dangereux parce qu’ils ne gagnaient pas d’argent les premières années. Quand vous prêtez à 0,75 %, à 1,25 % ou à 1,22 % aux collectivités pendant des années, vous ne pouvez pas gagner d’argent. Il faut faire attention à éviter un dispositif qui inciterait les banques à inventer des produits hyperdangereux, qui reviendraient aux intéressés en boomerang comme on s’en aperçoit aujourd’hui avec un certain nombre de produits structurés.

Deuxièmement, il faut faire très attention dans la période à venir au modèle économique bancaire que nous voulons, et cela vaut pour le gouvernement d’aujourd’hui comme pour un autre gouvernement demain. L’idée de Dexia d’aller se financer au jour le jour sur les marchés a été une erreur. Il faut revenir au principe de la banque domestique : récolter des dépôts et les transformer en prêts, certes en gagnant de l’argent parce qu’il faut en gagner quand on est banquier,mais de manière raisonnable et en prenant bien entendu en charge les risques par des provisions. C’est essentiel. Le dispositif en cause, issu d’un modèle ultralibéral, ne vient pas des Belges. On les accuse ; mais eux, avaient un adossement à une banque de dépôts qui s’appelaient le Crédit communal de Belgique. C’est en France que le dispositif consistait à se financer au jour le jour sur les marchés. Quand la conjoncture était bonne, on avait bien entendu l’argent pour presque rien ; mais quand elle s’est inversée, ce modèle économique est apparu terrifiant, et il a abouti à la catastrophe que nous sommes en train d’essayer de juguler. À cet effet, nous inventons un dispositif transitoire – payer les dettes du passé, et ce sera à la charge de l’ensemble de la collectivité nationale – et un nouveau véhicule liant la Banque postale et la Caisse des dépôts.

Voilà ce que nous devons garder en mémoire pour éclairer l’avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)

Projet de Loi de Finances Rectificative 2011, Projet de Loi de Finances 2012

Je suis intervenu aujourd'hui en commission des finances sur le troisième projet de loi de finances rectificatives de 2011, concernant les garanties que l'Etat doit apporter à DEXIA.

J'interviendrais demain en discussion générale sur le Projet de loi finances 2012.

A suivre sur LCP...

Retour sur le Livret A

Comme je l'indiquais dans un précédent billet, les banques ont entamé il y a quelques mois une nouvelle offensive pour gérer une part plus importante des sommes placées sur le livret A.

Le décret qui fixe les nouvelles règles en la matière a été publié hier au Journal Officiel. A cette occasion, je suis revenu sur les problèmes qu'il pose dans une interview parue ce jour dans le journal Les Echos (également accessible ici).

Pour en savoir plus, vous pouvez aussi consulter les comptes-rendus des auditions que la Commission des finances a réalisées sur ce sujet, et dans lesquelles je me suis exprimé :

- audition de l'Union sociale pour l'Habitat ;
- audition de la Caisse des dépôts et consignations ;
- audition de la Fédération bancaire française ;
- audition de la Banque de France ;
- audition de la Ministre de l'Economie, des finances et de l'industrie.

Question au Gouvernement sur le Livret A

Jean-Pierre Balligand a interrogé mercredi le Gouvernement dans le cadre des Questions d'actualité, le mercredi 10 novembre, pour savoir s'il entendait céder aux banques sur la question du Livret A.

Celles-ci veulent en effet gérer une part plus importante des sommes placées sur les livrets A, ce qui leur éviterait de devoir demander plus à leurs actionnaires pour respecter les nouvelles réglementations financières. Mais cela conduirait à réduire l'argent disponible pour financer la construction de logement social.

Jean-Pierre Balligand a donc demandé au Gouvernement s'il entendait respecter ses engagements en la matière.