C’est parti ! François Hollande a marqué son tempo dans la campagne. Il s’est montré hier très mobilisateur avec des idées très tranchées. Son engagement auprès des français est clair, son ton ferme, son discours bien cadré. La réforme proposée est cohérente et multidimensionnelle : c’est une réforme financière, mais aussi politique et sociale que François Hollande a annoncé. Il a remis en cause le statut de la finance avec des mesures bien concrètes : la séparation des activités de crédit et de spéculation au sein des banques, création d’une taxe sur les transactions financières, qui ne soit pas un simple retour à l’impôt de bourse, création d’une «agence publique de notation au niveau européen». L’ensemble de ces mesures sera susceptible de réformer un système financier noyé dans ses incohérences. La séparation des activités de crédit permettra de lutter contre l’alea moral imposé par les banques, et l’incohérence temporelle des politiques bancaires en laissant les activités spéculatrices assumer pleinement leurs responsabilités sans faire encourir de risques aux épargnants. La création d’une taxe sur les transactions financières permettra de faire contribuer le secteur financier à l’effort fiscal imposé par une crise dont il est à l’origine, tout en rendant la spéculation à court terme moins attractive. Une agence de notation européenne permettra de limiter les asymétries d’expertises liées à l’importance des agences de notation américaines trop partiales ces derniers mois. Enfin l’annonce d’une renégociation d’un nouveau traité franco-allemand avec Angela Merkel marque le réalisme et l’engagement de notre candidat pour un changement qui s’inscrit dans une continuité historique. Mais François Hollande a aussi clairement montré l’importance d’une refonte de nos institutions. Le non cumul des mandats pour les parlementaires devra permettre une attention accrue à l’activité parlementaire, en même temps qu’il permettra le renouvellement de la classe politique. La réduction de 30% des indemnités présidentielles et ministérielles s’inscrivent dans une recherche d’exemplarité des plus hautes instances de l’Etat en temps de crise pour revenir aux niveaux d’indemnités qui prévalait avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy et des augmentations que les ministres s’étaient octroyées sous le deuxième quinquennat de Chirac. Enfin la réforme proposée par François Hollande n’est pas seulement financière et politique, elle est aussi sociale avec un programme de logement particulièrement ambitieux : mise à disposition des terrains disponibles de l'Etat pour que les collectivités locales puissent «construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans», l'encadrement des loyers, la multiplication par cinq des sanctions des communes ne respectant pas la loi SRU, le doublement du plafond du livret A, ce qui permettra de financer des missions d’intérêt général, 1 million de logements neufs et anciens remis à niveau sur le plan énergétique, mise en place d’un tarif progressif de l’eau, du gaz, et de l’électricité. Ce programme permettra de relancer l’emploi dans le BTP en crise. C’est aussi un réel engagement pour les actifs avec la création de 150000 emplois d’avenir sur la mandature et pour les jeunes avec un programme éducatif ambitieux : - diviser par deux le nombre de jeunes sortant du système éducatif en échec scolaire durant le prochain quinquennat, création d’une allocation d’autonomie sous conditions de ressources, renouvellement des personnels de l’éducation nationale devant partir à la retraite. Il s’est enfin prononcé en faveur de l’égalité d’accès aux soins, pour «que personne ne soit à plus d'une demi heure de transports d'une centre de traitements d'urgences». Et il a prôné des sanctions pour les entreprises ne respectant pas l'égalité des salaires entre hommes et femmes. C’est donc un candidat soucieux du bien être de ses compatriotes, de l’égalité, de la solidarité, de la justice, et de l’avenir du pays qui s’est présenté au Bourget devant les militants. Pour la première fois depuis le débat des primaires, les socialistes affichent au travers de leur candidat leur volonté de transformer une société gangrénée par les effets de la crise. C’est un souffle nouveau qui nous porte à présent.