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L’Union titre : Législatives 2012. Balligand ne sera pas candidat

Jean-Pierre Balligand a annoncé hier soir qu'il ne serait pas candidat aux législatives de 2012. Un retrait qui laisse la porte ouverte à plusieurs hypothèses.

«J'ai décidé de ne pas être candidat aux prochaines législatives. » Jean-Pierre Balligand a annoncé, hier soir, à Laon, en marge d'une cérémonie économique organisée par la Société d'équipement du département de l'Aisne (SEDA) qu'il préside, son intention de tourner la page et de « passer le relais » à l'issue de son septième mandat. Une démarche qui se réfère au discours d'Arnaud Montebourg. « Je ne suis pas un de ses partisans mais je ne suis pas en désaccord avec lui sur la limitation des mandats », et surtout à la mémoire de Maurice Brugnon, son prédécesseur à la députation et son mentor en politique, qui l'avait intronisé comme successeur « alors que lui-même n'avait jamais connu la majorité. »

Le bon moment

Elu depuis 1981, Jean-Pierre Balligand choisit donc, à 61 ans, car « plus que l'âge, c'est le nombre de mandats qui compte », de réorienter sa vie. Dans une lettre qui arrivera ses prochains jours dans les boites aux lettres de Thiérache, il explique pourquoi il estime que c'est le bon moment de passer le témoin. En substance, il considère que la gauche a toutes les chances de gagner la prochaine présidentielle, mais que la situation économique et financière imposera des exigences de gestion très strictes et que par conséquent, il sera plus facile de proposer un nouveau candidat de gauche en 2012 qu'en 2017. Autre indice de l'ancrage actuel de la Thiérache, huit des neuf conseillers généraux de la troisième circonscription sont de gauche. La plupart aurait fait le siège de Jean-Pierre Balligand pour exercer cette fameuse « pression de mes amis » qui fonctionne si souvent mais, une fois n'est pas coutume, pas toujours : « Pour être franc, ma décision était prise depuis un certain temps déjà. » Jean-Pierre Balligand a visiblement un projet en tête, un rêve à accomplir, « c'est mon problème et je n'en parlerai pas avant que cela soit fait. » De quoi quitter le palais Bourbon mais pas la vie politique : « Je reste maire et conseiller général de Vervins, je suis président délégué de l'association des petites villes de France, je continuerai à monter des dossiers d'installations d'entreprises dans le département, je co-préside l'institut de la décentralisation et je compte me consacrer aux collectivités locales dont c'est la panade programmée. J'ai de quoi m'amuser. »

« Une éthique sans faille »

Ce n'est pas parce qu'on annonce que l'on va quitter l'Assemblée Nationale qu'on ne fait plus de politique. C'est peut-être même, l'expérience aidant, le meilleur moment pour en faire. Donc, qu'on se le dise, Jean-Pierre Balligand tire sa révérence sans s'être préoccupé de la suite. « Je ne suis pas un seigneur qui désigne son successeur. Le parti socialiste fera ce qu'il voudra, on est en république. » Dans la foulée, tous les conseillers généraux de la circonscription sont « des hommes remarquables » à commencer par son assistant parlementaire Jean-Luc Bricout, le maire de Bohain, « qui rayonne, qui a réussi à redresser sa commune et qui est aussi conseiller régional » et, cerise sur le gâteau qui fera bien rire tout le microcosme politique axonais, seuls les journalistes auraient entendu ses propos peu amènes sur l'hypothèse d'un Jean-Jacques Thomas, maire d'Hirson et premier fédéral PS, candidat à la députation. Seule indication du député sortant sur le profil de son successeur, cette remarque figurant aussi dans le courrier à ses électeurs : « Il faut être vigilant et scrupuleux s'agissant des finances. Je me suis imposé et j'ai imposé à mes collaborateurs une rigueur et une éthique sans faille. »

Succession : quelles solutions ?

Alors, maintenant que « l'envie de faire autre chose » a mis fin à un parcours parlementaire sans fausse note le menant à la vice-présidence de l'Assemblée Nationale, quelles solutions s'offrent au PS pour trouver un successeur à Jean-Pierre Balligand ? « Si les statuts du parti étaient appliqués, la circonscription serait forcément féminisée », rappelle le député sortant. Cette solution offre l'avantage pour le PS de pouvoir déféminiser la quatrième afin de permettre la candidature de Patrick Day, le maire de Soissons.
En revanche, elle contrarie les plans de Jean-Jacques Thomas, par ailleurs membre du bureau national, qui aurait négocié que la circonscription, malgré la règle de féminisation, lui soit réservée si Jean-Pierre Balligand renonçait. Reste qu'une circonscription comme celle que laisse Jean-Pierre Balligand doit faire loucher plus d'un apparatchik à la recherche d'un parachutage sans danger. Un Christophe Borgel, secrétaire national PS aux élections qui n'est plus en odeur de sainteté dans la première circonscription de la Somme (où l'on parle de Jack Lang mais qui verrait Jack Lang en Thiérache ?), pourrait, par exemple, être tenté de faire quelques kilomètres de plus. C'est le genre de parachuté qui a les moyens d'offrir des compensations dignes de ce nom à un Jean-Jacques Thomas qui n'a peut-être pas envie de passer à côté de la chance de sa vie.